La persévérance étudiante demeure l’un des grands défis de l’enseignement supérieur, où les taux d’abandon préoccupent les établissements du monde entier. Aujourd’hui, le maintien aux études dans l’enseignement supérieur s’inscrit dans une approche beaucoup plus globale qu’autrefois.
Des données récentes illustrent l’ampleur du problème : environ un étudiant de premier cycle sur quatre quitte ses études sans diplôme. Selon le ministère australien de l’Éducation, près de 25 % des étudiants entrés dans l’enseignement supérieur en 2017 n’avaient pas terminé leur programme en 2022. Aux États-Unis, les données du NCES indiquent des taux de poursuite en deuxième année d’environ 75 à 78 % pour les étudiants de premier cycle à temps plein, soit une attrition d’environ 22 à 25 %.
Derrière ces statistiques se cachent de multiples raisons. Les difficultés financières, les problèmes de santé mentale et le sentiment d’isolement, accentué par l’apprentissage à distance après la pandémie, figurent parmi les principaux facteurs de départ.
Un départ prématuré pénalise les étudiants, dont beaucoup s’endettent sans obtenir de diplôme, mais représente aussi un enjeu majeur pour les universités. Chaque départ est une occasion manquée de développer un potentiel et un coût important en droits de scolarité perdus et en efforts de recrutement. En 2024-2025, les discussions sur la réussite étudiante se concentrent donc sur la persévérance : maintenir l’engagement de la première année jusqu’au diplôme.
Face à ces défis, les établissements cherchent de nouvelles façons d’accompagner les étudiants au-delà de la salle de classe. L’un des outils les plus puissants est pourtant très ordinaire : le courriel. Souvent associé au marketing ou aux collectes de fonds auprès des diplômés, il joue un rôle précieux dans les stratégies de persévérance. Bien utilisés, les messages de bienvenue, rappels d’échéance, prises de nouvelles et infolettres nourrissent le sentiment d’appartenance et évitent que des étudiants soient laissés de côté. Cet article explique comment.
Que signifie la persévérance étudiante ?
La persévérance étudiante désigne la capacité d’un établissement à maintenir les étudiants inscrits, généralement d’une session à l’autre, jusqu’à la fin de leur programme. Dans l’enseignement supérieur, elle concerne les collèges et les universités et correspond souvent à la proportion d’étudiants qui reviennent chaque année et progressent vers leur diplôme. Mesurée en complément des taux d’abandon ou d’attrition, elle constitue un indicateur important de l’efficacité institutionnelle et de la satisfaction étudiante.
Mais cet indicateur ne raconte pas toute l’histoire. La persévérance est liée à de nombreux aspects de l’expérience étudiante :
- La préparation académique et les résultats scolaires
- Le bien-être émotionnel et mental
- La stabilité financière et les aides disponibles
- L’intégration sociale et le sentiment d’appartenance
- La clarté des objectifs futurs et des perspectives professionnelles
Un taux élevé indique que l’établissement fournit les outils et l’environnement nécessaires à l’épanouissement. Un faible taux peut révéler des lacunes dans les services de soutien, la communication ou l’adéquation des programmes.
Comprendre les raisons profondes de ces tendances permet de construire des stratégies d’accompagnement plus réfléchies et plus efficaces.
Pourquoi certains étudiants poursuivent-ils leurs études et d’autres les quittent-ils ?
Comprendre la persévérance dans les études supérieures implique d’examiner les obstacles et les motivations qui influencent la décision de poursuivre ou d’abandonner. Voici les raisons les plus fréquentes.
1. Les difficultés scolaires
Un étudiant qui se sent mal préparé ou dépassé par les exigences peut rapidement se désengager. Cela concerne notamment les étudiants de première génération ou ceux qui intègrent un environnement compétitif sans soutien suffisant.
Ce qui aide : des courriels proactifs qui clarifient les attentes, proposent des conseils de réussite et présentent les ressources de tutorat dès le début de la session.
Exemple : Dans la formation professionnelle, Oconee Fall Line Technical College (OFTC), en Géorgie, illustre l’intérêt d’un accompagnement fondé sur la communication. Des spécialistes de la persévérance suivent la progression des étudiants et interviennent lorsque des difficultés apparaissent.

Source : OFTC
Un système d’alerte interne repère les étudiants à risque, par exemple en cas d’absences ou de travaux non remis, et déclenche un suivi. L’équipe les contacte souvent par courriel institutionnel ou par téléphone pour prendre de leurs nouvelles et les orienter vers de l’aide. Elle peut présenter le tutorat à un étudiant en difficulté ou discuter de solutions avec une personne qui envisage d’abandonner.
2. Le manque de liens ou de sentiment d’appartenance
Se sentir « invisible » sur le campus peut peser aussi lourd que les résultats scolaires. Les étudiants qui ne se sentent pas à leur place sont beaucoup plus susceptibles de partir, surtout pendant la première année.
Ce qui aide : des courriels ciblés qui invitent à rejoindre des clubs, participer aux activités d’accueil ou rencontrer d’autres étudiants renforcent les liens.
Exemple : L’AAPS diffuse une infolettre officielle sur l’actualité pharmaceutique et les réussites étudiantes. Les étudiants consentent à la publication de leur nom et de leurs photos. Cette démarche personnalise les communications et valorise les réalisations. Elle crée un sentiment de communauté et encourage les étudiants à poursuivre leur programme.

Source : AAPS
3. Les difficultés financières
Les droits de scolarité, le logement et les dépenses quotidiennes peuvent rendre les études financièrement difficiles. Certains étudiants ignorent même les aides et les ressources accessibles.
Ce qui aide : des rappels sur les bourses, les plans de paiement, les aides d’urgence ou le conseil financier encouragent à demander du soutien avant qu’un petit problème ne devienne un obstacle majeur.
Exemple : À Londres, City, University of London propose City Cares, un programme destiné aux groupes étudiants vulnérables, notamment aux personnes en rupture familiale et aux jeunes proches aidants. La communication personnelle régulière en est un élément central : l’équipe envoie des courriels pour prendre des nouvelles, transmettre des informations et offrir son aide.

Source : City, University of London
Les participants disposent d’un contact désigné, joignable par courriel ou par téléphone pour un soutien individuel. City Cares propose aussi des bourses, de l’aide au logement et un accès prioritaire à certaines possibilités, présentés dans des communications ciblées.
4. Un projet professionnel incertain
Les étudiants qui ne voient plus le lien entre leurs études et les débouchés peuvent perdre leur motivation. Sans objectif clair, poursuivre leur parcours peut sembler inutile.
Ce qui aide : des courriels présentant des stages, des parcours de diplômés et les liens entre formation et carrière aident à conserver un cap et de l’inspiration.
5. Les difficultés personnelles et de santé mentale
Le stress, l’anxiété, les urgences familiales ou les problèmes de santé peuvent perturber même les étudiants les plus motivés.
Ce qui aide : des messages bienveillants envoyés au bon moment par les services étudiants, présentant les ressources de bien-être, les services de consultation et les groupes d’entraide, rappellent que personne n’est seul.
Exemple : DCC utilise ses contenus numériques pour aborder le bien-être étudiant, essentiel à la persévérance. Un article du site, relayé par courriel et sur les réseaux sociaux, explique comment le bien-être émotionnel influence l’apprentissage, notamment la concentration, l’engagement, les interactions sociales et la réussite académique. En parlant ouvertement de santé mentale, DCC montre aux étudiants et aux parents que son accompagnement dépasse les résultats scolaires.

Source : DCC
Le fil conducteur de ces situations est la communication. Des messages pertinents au bon moment apportent réassurance, conseils et solutions pour avancer, et contribuent à une meilleure persévérance.
Comment le marketing par courriel accompagne tout le parcours étudiant
Le marketing par courriel va au-delà de la promotion. Dans l’enseignement supérieur, il constitue un cadre de communication structuré qui permet de rester présent auprès des étudiants, notamment grâce à l’automatisation et à une segmentation selon l’année d’études, les comportements ou les caractéristiques du public.
Voyons comment le courriel soutient la persévérance, de l’accueil jusqu’au diplôme.
Première année : intégration et soutien précoce
La première année pose les bases du parcours. Les premières impressions se forment, les habitudes se construisent et les questions sont nombreuses.
Les campagnes efficaces de première année comprennent :
- Une série de bienvenue présentant les responsables du campus, les attentes et un ton chaleureux
- Des messages pratiques, comme « Prendre rendez-vous avec un conseiller pédagogique » ou « Les meilleurs endroits pour étudier sur le campus »
- Des sondages et prises de nouvelles sur le bien-être, avec une orientation vers les soutiens adaptés aux réponses
- Des invitations aux activités d’accueil, aux salons du campus et aux programmes de mentorat
Ces premiers échanges réduisent l’anxiété et établissent la confiance. Lorsque les étudiants savent qu’ils recevront des informations utiles et pertinentes, ils sont plus susceptibles de s’engager auprès de leur établissement de manière significative.
Exemple : John Cabot University (JCU) fait de la persévérance une priorité grâce à ses services étudiants et à ses communications. Son équipe segmente les listes de courriels pour rejoindre différents groupes, dont les nouveaux étudiants inscrits à un diplôme et les étudiants en mobilité internationale.

Source : John Cabot University
À leur arrivée, les étudiants de première année reçoivent une série de courriels d’accueil : conseils pour la vie étudiante à Rome, présentation des services de consultation et de conseil pédagogique, et invitations à des activités communautaires. Ce suivi se poursuit toute l’année. Les communications par courriel soutiennent ainsi l’engagement, les liens et l’accompagnement qui favorisent la persévérance.
Deuxième et troisième années : maintenir l’élan et le cap
Ces années peuvent être difficiles. Les étudiants ressentent parfois une fatigue à mi-parcours, doutent de leur spécialisation ou perdent leur motivation.
Les campagnes adaptées à cette étape portent souvent sur :
- Les jalons académiques : choix de spécialisation, échéances d’inscription ou exigences des projets de fin d’études
- Le développement professionnel : stages, rencontres de réseautage et ressources pour le CV
- Les possibilités de développement personnel : séjours à l’étranger, postes d’assistant de recherche et formations au leadership
- Des campagnes de bien-être et de persévérance qui repèrent le désengagement et déclenchent un suivi par les conseillers
Une communication réfléchie pendant cette phase aide à maintenir la progression et à intervenir avant que les problèmes ne s’aggravent.
Exemple : Le service de réussite et de persévérance de Southern Methodist University (SMU) a créé l’initiative « Don’t Ghost SMU » pour reprendre contact avec les étudiants qui cessent de venir sans demander de congé officiel. Chaque session, l’université repère ceux qui ne sont ni inscrits à la suivante ni en interruption autorisée. L’équipe les contacte trois fois par courriel et SMS pour connaître leurs projets et les encourager à se réinscrire. Ceux qui choisissent de revenir bénéficient d’un accompagnement individuel.

Source : SMU
Dernière année : le diplôme et la suite du parcours
À l’approche du diplôme, de nouvelles sources de stress apparaissent : projets finaux, candidatures professionnelles et incertitude face à l’avenir. Les communications doivent alors soutenir les étudiants tout en célébrant leurs progrès.
Les stratégies par courriel peuvent comprendre :
- Des guides étape par étape sur l’obtention du diplôme, avec les échéances des formulaires, des frais et des cérémonies
- Des invitations aux ateliers de préparation professionnelle, aux simulations d’entretien et aux formations à la recherche d’emploi
- Des présentations de réussites étudiantes ou de parcours de diplômés pour renforcer le moral et la confiance
- Des félicitations et encouragements de la part des doyens ou des représentants étudiants
Exemple : Les contenus numériques de NeuAge proposent des conseils de carrière et de développement des compétences dans le cadre de son engagement envers la réussite des diplômés. L’institut diffuse également, souvent par LinkedIn et courriel, des ateliers et webinaires gratuits animés par des spécialistes du secteur. Étudiants et jeunes diplômés peuvent ainsi enrichir leur réseau et leurs compétences.

Source : NeuAge Institute
Bonnes pratiques pour des campagnes de courriels axées sur la persévérance
Pour maximiser l’effet du courriel sur la persévérance étudiante, adoptez les bonnes pratiques suivantes.
1. Segmenter avec soin
Un même message ne convient pas à toute une population étudiante. Adaptez les contenus à l’année, à la discipline ou à des situations particulières, comme le statut international ou la première génération universitaire. Plus le message est pertinent, plus il a de chances d’être lu et suivi d’une action.
2. Automatiser avec discernement
Les courriels automatisés doivent rester humains. Utilisez le CRM pour déclencher des messages selon les comportements, comme les travaux non remis ou une baisse d’engagement, et personnalisez-les avec le prénom et des liens ou contacts utiles. L’étudiant doit se sentir reconnu et accompagné, sans avoir l’impression d’être surveillé.
3. Apporter une valeur concrète
Chaque courriel doit proposer un conseil utile, un rappel opportun ou un récit inspirant. Évitez d’envoyer un message simplement pour remplir un calendrier. S’il ne contribue pas à la réussite de l’étudiant, mieux vaut probablement s’en abstenir.
Exemple : L’ENSR, école internationale suisse, entretient une communication transparente avec les parents grâce à des bulletins numériques réguliers. Elle publie et envoie les informations sur les événements à venir. Les rencontres parents-enseignants, sorties de ski et stages de planche à voile sont annoncés à l’avance. Sa page d’information aux parents archive ces communications avec leurs dates d’envoi.

Source : ENSR
4. Mesurer et ajuster
Suivez les taux d’ouverture, les clics et les désabonnements pour améliorer vos prochains messages. Si un objet fonctionne mal ou si une campagne ne génère pas de visites, révisez votre approche. L’écoute et l’adaptation sont essentielles à toute stratégie durable.
5. Collaborer entre services
La persévérance ne relève pas uniquement du conseil pédagogique ou du marketing. Coordonnez les campagnes avec les services de carrière, l’aide financière et les équipes de bien-être pour transmettre des messages cohérents.
Pourquoi intégrer le courriel à votre stratégie de persévérance
Le marketing par courriel rejoint les étudiants dans un espace qu’ils utilisent déjà, avec des messages programmables, ciblés et personnalisables à grande échelle. Bien conçu, il humanise les démarches institutionnelles et construit des relations qui encouragent l’engagement.
Au-delà des rappels et des promotions, le courriel peut :
- Éviter que certains étudiants soient laissés de côté
- Créer un lien affectif et un sentiment de fierté envers l’établissement
- Montrer que la réussite s’accompagne d’un soutien concret
Les étudiants qui se sentent informés, inclus et inspirés sont plus susceptibles de surmonter les difficultés et d’obtenir leur diplôme. C’est le cœur d’une stratégie de persévérance efficace. Vous souhaitez développer des stratégies pour renforcer la persévérance dans l’enseignement supérieur ?
Foire aux questions
Question : que signifie la persévérance étudiante ?
Réponse : La persévérance étudiante désigne la capacité d’un établissement à maintenir les étudiants inscrits, généralement d’une session à l’autre, jusqu’à la fin de leur programme. Dans l’enseignement supérieur, elle concerne les collèges et les universités.
Question : qu’est-ce que le maintien aux études dans l’enseignement supérieur ?
Réponse : Il correspond généralement à la proportion d’étudiants qui reviennent chaque année et progressent vers leur diplôme. Un taux élevé indique qu’ils poursuivent leur inscription et restent sur la voie de l’obtention du diplôme.
Question : quels facteurs favorisent la persévérance étudiante ?
Réponse : Un soutien académique efficace, un sentiment d’appartenance, une stabilité financière ou des aides adaptées et des objectifs personnels clairs favorisent la poursuite des études. Lorsque les étudiants se sentent accompagnés sur les plans scolaire, social et financier et perçoivent la valeur de leur formation, ils sont davantage susceptibles de rester jusqu’au diplôme.









